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16 octobre 2019 – Par David Woodwine

Statu Quo Du Cannabis

Pourquoi est-ce que le gouvernement est inapte à gérer les fonds publics? Pourquoi est-ce que même dans un domaine où la majorité des pushers dans leur version stéréotypée ont un secondaire deux, on réussit à créer un déficit?

 

Si je voulais me lancer dans la vente de drogue et que j’obtenais à crédit la somme pour acheter ne serait-ce qu’une livre de pot, je me ferais casser les jambes ou au moins la gueule pour revenir les mains à moitié vides.

 

Comment est-ce possible qu’en un an, le marché légal représente seulement un cinquième du marché du cannabis au Canada, et ce malgré la volonté gouvernementale de contrer le crime organisé? Au moins, dans le milieu criminel, ils sont plus qu’organisés, ils sont adaptatifs. Dans le crime organisé, ils sont parvenus à se montrer concurrentiels malgré leur nouveau rival qu’est le gouvernement, et les entrepreneurs d’ici que ce rival n’aide pas mais dont il dépend intrinsèquement.

 

Le marché du cannabis légal ne se résumant pas uniquement à la vente de cannabis et ses dérivés transformés, on dirait pourtant que le gouvernement omet complètement de réaliser qu’en facilitant l’accès au marché tant aux entrepreneurs qu’aux
consommateurs, les gains pour l’état et les retours pour tous seraient conséquents. Quand Coca-Cola reprendra les activités qui lui ont fait voir le jour en incorporant de nouveau de la drogue dans ses produits, il sera trop tard et tout ce que le gouvernement percevra sera les taxes. Pire encore, quand Amazon s’en mêlera, beaucoup d’argent n’ira pas dans les caisses de l’état.

 

Il ne fait aucun doute que les plus gros acteurs économiques internationaux ont eux aussi vu le potentiel lucratif du marché du cannabis, et il est certain que ceux-ci seront bien plus préparés que les dirigeants de la filiale de la SAQ qui ont fait rire d’eux lorsque fut fièrement dévoilé le logo officiel de la SQDC. Déjà, il était possible à tous de voir que des sommes importantes étaient injectées pour en venir à des aboutissements peu concluants, et avec le temps, le gouvernement se montre inapte à coordonner des actions conséquentes permettant encadrement et rentabilité. 

 

Pendant qu’au Nouveau Brunswick ils misent sur la recherche ainsi que la culture, et facilitent l’intégration au marché pour les entrepreneurs en concertant des efforts permettant le développement économique, au Québec, l’état ralentit la société d’état
pendant qu’ils légalisent mais qu’ils stigmatisent. Malgré l’implantation toute récente d’un nouveau format de 28 grammes disponible au prix de 125,70$ taxes incluses, cette tentative est limité en termes de capacité
d’approvisionnement, et sans conteste vouée à un ajustement sous peu. Sans le développement et la mise en place d’une logistique concrète et rigoureusement réfléchie couvrant tout ce qui a trait au cannabis et permettant des retours positifs qui
devraient déjà être, toute action gouvernementale est une démonstration de leur incompétence concernant leur capacité de gestion d’intérêts mutuels.

 

Lors d’une entrevue suite à une rupture de stock et la diminution des jours d’ouverture moins de deux semaines après le lancement des succursales, Jean-François Bergeron, maintenant devenu président et directeur général de la SQDC a dit «qu’il faut pas perdre de vue qu’on veut atteindre vingt et cinquante succursales assez rapidement. ». Il a aussi ajouté que Alain Brunet, «y’a fait une job incroyable. Incroyable, point final! ». Avec des objectifs aussi clairs que bien exprimés et l’entretien d’un regard aussi objectif sur les capacités des dirigeants de la SQDC, les vendeurs illégaux vont continuer de prospérer et les consommateurs vont s’éviter des files d’attentes tout en payant moins cher.