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Le 14 mars 2019 - Par Guillaume Ratté-Côté

MOINS DE PURISME, PLUS DE RÉSULTATS

 
 

Il semble exister des gardiens autoproclamés d’une orthodoxie de droite au Québec. Cela existe ailleurs, évidemment. Le problème est qu’au Québec, la droite est cantonnée à l’opposition depuis des décennies.

 

Certains diront que la présence de ces moines zélés défenseurs d’une pureté arbitrairement établie du conservatisme, même si engluée dans un conformisme assimilable à certaines religions (dont particulièrement une sur laquelle ils aiment généralement cracher…) est préférable à leur absence des rangs de ceux qui veulent moins d’État et plus de responsabilité individuelle au Québec. Nous avons besoin de tous les appuis possibles, déclareront-ils dans leur vision de victime ou d’envers et contre-tout-isme à la Don Quichotte plus que nuisible, quand on y pense bien (qui veut d’une victime comme chef d’État?).

 

Peut-être est-il au contraire temps que s’exerce une asepsie (permettez-moi un mot du jour … je viens de croiser Antoine Robitaille en faisant mon jogging!!!) au sein de ce mouvement. Je crois que sans cette opération, ses idées et les apports pouvant en découler dans notre société sont condamnés à la marginalité.

 

Premièrement, comme mentionné d’entrée de jeu, parce qu’il est prouvé que la victoire de cette façon est inenvisageable. Il n’y a qu’à voir les résultats obtenus par le PCQ à chaque élection et chaque partielle. Des poussières. Un peu à la façon des puristes de Québec Solidaire ou d’Option Nationale qui empêchent le seul parti ouvertement progressiste, mais ayant véritablement des chances de prendre le pouvoir, de ce faire. On multiplie les foyers de division du vote pour se donner de l’importance et montrer fièrement son niveau de conformisme.

 

Ensuite, et surtout, parce que l’entrée au pouvoir d’un parti ayant ne serait-ce qu’une acceptation tacite du fait que l’État, au Québec, en est à inverser son rôle de générateur de justice sociale tellement il s’est nourri lui-même, est extrêmement pressante.

 

Il est impératif de sortir du dogmatisme et de se rapprocher un tant soit peu des façons de voir de la majorité des électeurs. Oui il est possible de convaincre, mais pas de changer la nature des gens. Et les Québécois en général sont de nature à se rebiffer quand quelqu’un de marginal se fait ostraciser. Même s’il a des défauts, ils ont tendance à penser qu’il sera plus efficace de l’aider avec de la compassion et des mains tendues (ce qui n’empêche aucunement une certaine fermeté) que du dénigrement et des insultes (et non, ils ne considèrent pas que la situation puisse se comparer à celle des années trente en Europe, n’en déplaise à ceux qui pensent nous impressionner par leur connaissance de l’histoire en évoquant Neville Chamberlain devant le radicalisme islamique). Peut-être y-a-t-il dans la mémoire collective un souvenir du fait que nous ne nous sommes pas sortis de notre torpeur d’antan parce que les Ontariens nous ont traité d’arriérés … ou de tarés, de façon détournée ou non.

 

 

 

 

 

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