La solution aux problèmes politiques, c’est le respect.

Ça fait plus d’une année que je n’ai rien officiellement blogué. Quelques publications Facebook engagées par ci et par là, mais aucun vrai blogue rédigé dignement et bien senti. Comme tout le monde, je manque de temps. Pour moi, pour mes proches et aussi pour les autres, ceux avec qui je partage notre petit bout de monde, ici, au Québec (et dans une relation plus froide et distante, au Canada).

Je m’extirpe de mon mutisme aujourd’hui suite à l’histoire de Gilles, un fonctionnaire qui gagne 130 000 $ par année pour ne rien faire. Gilles est malheureux d’être payé sans travailler, mais il préfère tout de même s’accrocher à son poste, à son statut de syndiqué, à sa paye, à sa retraite (qui s’en vient bientôt) plutôt que d’agir avec dignité en quittant un emploi où il est inutilement rémunéré par une majorité de gens qui gagne moins que la moitié de son salaire en contrepartie de vrai ouvrage. Gilles n’a pas de couilles. Gilles nous ressemble beaucoup… peu d’entre nous agirait de manière différente.

Pour moi, l’histoire de Gilles illustre bien le débat qui existe actuellement entre la droite et la gauche. La droite y voit ici une aberration, un exemple flagrant de l’incapacité de l’État de s’occuper avec le moindrement de compétence de gestion, un détournement des richesses communes aux profits d’une clique syndiquée lâche et parasitaire, l’argument qui prouve que l’homme n’arrive à rien dans la collaboration. La gauche y voit de la mauvaise foi, un exemple frappant d’un gouvernement de droite qui tient à tous léguer au privé, un détournement des richesses communes aux profits d’une clique capitaliste sale et parasitaire, l’argument qui prouve que l’homme n’arrive à rien par la compétition.

Ce que ces deux clans semblent volontairement oublier c’est la complexité du comportement humain, sont aspect paradoxal. D’un côté, il est évidemment injuste que des gens soient rémunérés à égalité pour des efforts qui ne nécessite pas la même connaissance, la même énergie, le même temps, que lorsqu’on ne travaille pas on soit rémunéré. Il est impensable qu’une trop grande égalité motive la productivité de tout un chacun et c’est pourquoi la dynamique de compétition devient bénéfique. De l’autre côté, il faut comprendre qu’une trop grande disparité de pouvoir entre les individus (surtout de nature financière) finit par éclipser la démocratie qui nous permet de vivre en paix et que même le plus inutile des hommes participe à la société tant qu’il ne se rebelle pas contre le pacte social en place. Il est donc insensé de croire qu’une compétition parfaite (le marché) établisse une société souhaitable, voire durable, et c’est pourquoi la dynamique d’égalité devient profitable.

Mon père m’a toujours dit « le respect de soi-même ça commence par le respect des autres ». Mon père était alcoolique. Il a eu souvent tort, mais jamais sur sa logique du respect. Nos problèmes communs ne trouveront pas de solutions viables dans des concepts réducteurs et mal adaptés à la réalité de l’humain. Nous devons à la fois coopérer et compétitionner. C’est dans l’équilibre du respect envers nous-mêmes et envers les autres que nous découvrirons de meilleures manières de vivre ensemble… puisqu’ensemble nous sommes.

 


Précédemment publié sur l’Anticønførmiste : https://www.facebook.com/lanticonformiste/posts/719631414885554