Sur le transport dans la région de Québec

Publié par le 26 février 2018

Il faut désengorger les routes de la région de Québec. Il importe également de s’assurer que la stratégie pour y arriver soit durable.

Cela, tous en conviennent. Maintenant, il s’agit de décider ce qui sera fait en termes d’investissement dans les routes et ce qui le sera en transport en commun.

Tous aiment à citer des experts.

Beaucoup sont convaincus par des experts ayant adopté une approche en particulier, ou faisant partie d’une école, sans comprendre qu’il en existe d’autres tout aussi valables. L’école la plus populaire chez les élus du Québec est celle des urbanistes de la joyeuse bande de Mme Vadersmissen de l’Université Laval et ses émules, basée sur le paradoxe de Braess, qui avance, en gros, que de bâtir de nouvelles routes n’est pas une solution viable, et que seul le transport en commun en soit une.

Le problème avec cette approche est qu’elle est n’est pas applicable à n’importe quelle phase de développement d’une agglomération. Par exemple, elle aurait dû être prise en compte il y a longtemps à Houston ou Los Angeles. Toutefois, malgré le fait que ces spécialistes citent régulièrement ces contres exemples, Québec est à des années lumières de leur acabit. Au contraire, nous n’en sommes pas encore à une densité critique pouvant soutenir un système «structurant» par un nombre d’utilisateurs susceptible de supporter financièrement le tout. Certes, il peut être tentant de mettre de l’avant une solution intermédiaire pour se donner la bonne conscience d’avoir tenté quelque chose avec une approche ayant l’apparence d’être bonne pour l’environnement. Toutefois, un SRB est une solution style Dolorama qu’il faudrait renouveler au bout de quelques décennies et un tramway n’enlèverait que quelques centaines de véhicules des endroits où les embouteillages sévissent. Les deux options sont de l’ordre des deux à quatre milliards. Avec de pareilles sommes, nous pouvons commencer les travaux pour se doter d’un métro, à la durée de vie possiblement dix fois plus longue, et qui n’encombrera pas une ville déjà suffisamment embourbée d’embouteillages pendant sa construction. Nous pouvons y aller graduellement. Nous pourrions débuter par connecter enfin les deux rives qui se boudent depuis toujours en matière de transport public.

Pour quelqu’un ayant un tant soit peu de vision, il va de soi que cette connexion soit annexée à un projet pour une troisième traversée routière du fleuve. Par contre, tous ne voient pas l’intérêt de se doter de ce fameux troisième lien (dans ce cas semblerait qu’il faille des études d’experts récentes et spécifiques … bizarre tout de même … alors que pour le tramway, la simple logique suffise, comme me l’a dit Philippe Couillard le 15 février dernier en tant que tel. L’arbre cache la forêt. L’idéalisme aveugle. Mais le blocage actuel dessert pourtant l’environnement. Simplement : le trafic pollue beaucoup plus que la fluidité et a des graves coûts économiques, qui empêchent d’investir, par exemple, dans le développement d’énergies non polluantes. En bâtissant ce troisième lien, nous éliminons  tous les habitants de l’est des deux rives travaillant sur l’autre des artères comme Félix Leclerc, Guillaume Couture, René Lévesque, Laurier ou Jean Lesage. Nous faisons de même avec le transit commercial des régions de l’est du Québec.

Pour le financement : trois choses. Plus besoin d’élargir Henri 4 dont l’annonce comprenait un investissement de plus de 500 millions. Ensuite, plus besoin de construire de nouveau pont pour rendre accessible l’île d’Orléans. 750 millions de plus en poche. Je vous rappelle que nous avons 2 à 4 milliards pour le métro à mettre dans le pot! Plus les économies d’échelle. Ensuite, un partenariat public privé et donc des péages sont des possibilités facilement envisageables, comme l’ont démontré les démarches de Steven Blaney, député de Lévis, il y a moins d’un an. Comme le disait Sébastien Proulx récemment : nul besoin d’opposer le transport en commun au 3e lien. Il faut par contre mettre le tout en symbiose et non reléguer tout ceci à des décennies d’ici. Cela ne prend que de la vision et de la volonté. Simplement.

 

Guillaume Ratté-Côté


CJMD 96.9 LÉVIS

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