Chronique de la mort (encore) annoncée du PQ

Publié par le 17 janvier 2018

Chronique de la mort du PQ, édition 278 563

Onde de choc politique hier à Québec, trois députés séniors du Parti Québécois ne se représenteront pas aux prochaines élections en octobre. Presque tous s’entendent pour parler de l’hécatombe qui est le prélude à la fin du PQ, ce parti d’une génération qui s’éteint aussi doucement que le feu du vieux poêle de sa ligue au même nom. Bref, c’est la fin des haricots.

Alors qu’on annonce pour une Xième fois la mort du parti, j’aimerais mettre plusieurs choses en perspective. Premièrement, le départ à terme de Maltais et de Léger ne sont pas des surprises dans la mesure où les gens ne restent pas éternellement en politique. Les deux femmes ont donné plus de 20 ans de leur vie à la cause publique et leur départ était imminent. Le fait de probablement croupir dans l’opposition plusieurs années a dû aider à prendre cette décision. Pour ce qui est d’Alexandre Cloutier, la possibilité de croupir dans l’opposition plusieurs années a dû être un facteur plus important alors qu’il n’a que 40 ans. Deuxièmement, le cycle politique actuel s’est immensément allongé avec la longévité historique du PLQ au pouvoir, d’un cycle de 8 à 10 ans au courant des 40 dernières années du 20e il est passé à 15 ans au moins pour celui-ci en plus de connaître deux gouvernements minoritaires. Certains ont attendu plus longtemps dans la perspective que les libéraux allaient finir par perdre et\ou s’effondrer. Troisièmement, chaque nouveau chef entraîne plusieurs changements qui peuvent déplaire ou agacer de nombreuses personnes. Il ne faut donc pas se surprendre du départ de plusieurs députés lors d’une année électorale, laissant la chance au parti de pouvoir trouver et présenter des candidats de qualité. Une situation que le PLQ vit aussi avec plusieurs députés qui ne se présenteront pas aux prochaines élections, malgré les bonnes chances de rester au pouvoir.

Est-ce que le PQ est en train de mourir? La réponse ne peut être catégorique, car même s’il ressemble de plus en plus au parti d’une génération, soit sa génération, le Parti Québécois peut facilement rebondir. Ses coffres sont pleins, sa base militante est immense, motivée et facilement mobilisable et il suffit que la question nationale soit mise de l’avant avec un projet digne de 2018 pour que la ferveur puisse se répandre, surtout chez les jeunes qui ne s’identifient pas au projet actuel du PQ, la preuve étant la popularité de QS. Aussi, la CAQ qui semble être dans l’antichambre du pouvoir n’est pas encore prête à aller au front en septembre. L’argent n’est pas au rendez-vous (QS a en ramassé plus en 2017), les organisations de circonscriptions sont en majorité faibles ou inexistantes et ce sera le chef et sa garde rapprochée qui choisiront les candidats sans que ces derniers n’aient à faire de la mobilisation sur le terrain ou vendre des cartes de membre, un pari très risqué qui peut jouer des tours quand viendra le temps de faire sortir le vote. En date du 17 janvier 2018, il est presque inconcevable de voir le PQ être au pouvoir le 2 octobre prochain, mais il pourrait causer plusieurs surprises si la base décide de profiter de ses ressources pour bloquer la CAQ ou même QS et empêcher soit les libéraux ou la Coalition Avenir Québec de jouir de la majorité ou d’au moins une minorité forte. Deux scénarios catastrophiques pour la CAQ qui verrait le pouvoir lui glisser entre les mains en cas de victoire libérale (minoritaire ou majoritaire) ou d’être un gouvernement sans expériences en cas de victoire minoritaire faible.

Au final, il ne faut pas encore tuer le PQ, rappelons-nous de la rébellion de 2011-2012, ce qui n’a pas empêché le PQ de rentrer au pouvoir en 2012. Bref, n’enterrons pas l’ours avant que Luc Lavoie ne l’ait chassé


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